Résultats tagués “CNRS”

Tournant

Dimanche 29 août 2010

Mercredi 1er septembre, je deviens le nouveau « monsieur Europe » du CNRS. Le mouvement intervient à la suite du remaniement de directions intervenu avec la nomination du nouveau Président du CNRS, Alain Fuchs, intervenue au début de l'année. Les deux directions DAE (affaires européennes) et DRI (international) ont été ainsi refondues, mettant fin à trois années de séparation dont l'intérêt n'apparaissait pas clairement. La nouvelle directrice, Minh-Hà Pham-Delègue, de la direction réunifiée, DERCI (direction de l'Europe de la recherche et des coopérations internationales) m'a proposé de prendre en charge les relations avec les institutions européennes, avec mission de produire des synthèses d'aide à la gouvernance.

La charge est déjà forte depuis le début du mois, tant l'attente et la demande étaient fortes. La naissance d'Aurélien aura été la seule rupture réelle de cet été.

En terme de symbolique tout va bien : j'accompagne mardi à Bruxelles le directeur général adjoint ressources du CNRS pour une audition au parlement européen.

Quelques nouvelles

Lundi 12 juillet 2010
Cela fait maintenant 20 jours que je n'ai rien écrit, la fatigue, la perte de la connexion internet à la maison, la chaleur, le changement de statut qui se prépare, la perspective d'avoir à coordonner un programme européen, tout cela a contribué à mon extinction.
Vendredi dernier j'ai organisé une rencontre avec une délégation coréenne de l'université pour les femmes EWHA à Séoul, les mêmes avec qui je négociais à l'IPCMS avant mon départ pour Bruxelles. Ces professeurs sont en compétition avec d'autres universités et institutions coréennes de recherche pour un gros programme de leur gouvernement favorisant la coopération internationale. Pour eux la signature d'un document avec le CNRS est vitale. En trois jours, avec l'aide précieuse de mon assistante Sandra Bergeaud, j'ai réussi à obtenir la signature d'un document très diplomatique (ne nous engageant pas) dans le salon d'honneur du siège, photos officielles et déjeuner convivial. Le tout sous la haute autorité du directeur de la physique et de la directrice des relations internationales. Et après on dira que le CNRS n'est pas réactif.
Les coréens sont toujours très « pushy » et l'on a toujours un peu l'impression de se faire avoir, de l'autre il y a notre frilosité qui nous freine dans le développement d'une relation de confiance avec nos partenaires. Le MoU (memorandum of understanding, mémoire d'agrément) que j'ai signé à Séoul en 2007 avec le meneur de la délégation et qui m'avais laissé en ce temps dubitatif a aboutit à la venue à Strasbourg d'une étudiante qui prépare actuellement une thèse à l'IPCMS, cette même étudiante qui m'avait servi d'escorte au musée d'histoire de Séoul le jour de la signature.

Vendredi 2 avril 2010

Samuel, un de mes lecteurs avisées a réagit à ma note sur le retour du nucléaire.

Samuel : J'ai entendu que la technologie sur laquelle veut investir Bill Gates (et y a déjà investit quelques millions) n'est pas si nouvelle et date d'une soixantaine d'années, mais le CEA n'y croyait pas (pour la France).

R Oui, le CEA était imprégné des techniques militaires qu'il a dégradées pour faire de l'énergie. Ses ingénieurs n'avaient pas la capacité intellectuelle, ni la capacité de groupe de se tourner vers des idées nouvelles. C'est le propre de beaucoup de grosses institutions qui acquièrent rapidement une inertie qui les rend difficiles à faire bouger. On peut penser à la NASA.
La question du traitement des déchets nucléaires est du même type : les solutions originales ne sont pas explorées pour cause d'inertie des institutions de recherche, y compris le CNRS.

ASEPS

Vendredi 26 mars 2010


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Ces trois derniers jours s'est tenu, à Tsukuba au Japon, le premier sommet de la physique destiné à renforcer les collaborations entre l'Europe et l'Asie.

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Ouverture du sommet par le directeur de la physique du CNRS Bertrand Girard

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Table-ronde du jeudi après-midi

La table-ronde nous a montré que les pays d'Asie, au moins leur physiciens, ressentent un besoin d'unification, il nous envient presque l'unité européenne qu'ils idéalisent. Il reste beaucoup de chemin à parcourir pour renforcer les collaborations entre Europe et Asie.
Une des raisons de ce sommet tient à ce que le prix des grands instruments nécessaires aux physiciens des hautes énergies ne sont même plus à l'échelle d'un continent mais qu'ils ne peuvent plus qu'être à l'échelle du monde. Il est dès lors nécessaire d'intégrer les nouveaux riches d'Asie.

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Mais bien sûr les vraies discussions ont lieu aux poses café

Médaille d'or

Jeudi 17 décembre 2009


Hier soir Serge Haroche a reçu la plus haute distinction scientifique française : la médaille d'or du CNRS. La cérémonie de remise par Madame le ministre de la recherche Valérie Pécresse s'est déroulée dans le prestigieux grand amphi de la Sorbonne sous la gigantesque allégorie de Puvis de Chavanne.

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Le grand amphi de la Sorbonne et la fresque allégorique de Puvis de Chavanne

Serge Haroche a d'abord travaillé sur les atomes de Rydberg. Les atomes de Rydberg sont des atomes dont l'électron extérieur est dans un état d'énergie très élevé (nombre quantique principal n = ± 80). À ces énergies d'excitation la taille de l'atome (souvent un alcalin, sodium ou rubidium) est de l'ordre du centimètre. L'intérêt de ces atomes est donc de faire un pont entre les objets de dimension atomique avec les objets de notre monde macroscopique. Or on sait qu'à l'échelle atomique la physique est régie par la mécanique quantique tandis qu'à notre échelle c'est la mécanique classique et la relativité qui priment.

La durée de vie de tels atomes n'est pas nécessairement très longue. Il suffit qu'ils durent suffisamment longtemps (10 microsecondes par exemple) pour qu'on puisse les utiliser dans une expérience. C'est ce qu'a fait Serge Haroche qui les a utilisé pour étudier expérimentalement le passage du microscopique au macroscopique.

À cet effet il a construit des cavités optiques d'une très grande finesse constituées d'une paire de miroirs particuliers. Ces miroirs sont recouverts d'une couche de niobium refroidi à la température de l'hélium liquide pour rendre le métal supraconducteur. Ils se font face et sont tellement réfléchissants qu'une assemblée de photons peut s'y réfléchir pendant des temps très longs (des millisecondes !). En plaçant un atome de Rydberg dans la cavité, Serge Haroche a pu montrer qu'on pouvait « observer » l'état d'un photon sans le détruire. Extraordinaire, le rêve des opticiens depuis si longtemps. Tous les détecteurs de lumière, les CCD de nos appareils numériques, les plaques photos détruisent les photons dont est faite la lumière. Le mode de mesure mis au point par l'équipe de Serge Haroche perturbe le photon mais ne le détruit pas.

À partir de ses travaux, ses collègues et collaborateurs ont réalisé une démonstration de la boîte à photon imaginée par Einstein pour contester le principe d'incertitude de Heisenberg et un déploiement expérimental de l'expérience du chat de Schrödinger.

Le chat de Schrödinger, placé dans une boîte, est à la fois mort et vivant. Ceci est une description allégorique d'un système quantique qui se trouve simultanément dans deux états différents. On sait, par exemple, construire des photons dans une cavité optique qui sont la superposition de deux états possibles, on parle d'états intriqués. Dans notre monde cela revient à dire qu'une porte est à la fois fermée et ouverte ou qu'un chat est à la fois mort et vivant ! Pourquoi cela n'est-il pas possible à l'échelle humaine ? Voilà la question à laquelle Serge Haroche a répondu en utilisant les atomes de Rydberg et les photons en cavité.

En utilisant sa méthode de mesure non destructive, il a observé avec son équipe, que lors d'une série de mesures, chaque mesure détruit un peut l'état intriqué d'un photon qui a la fin du processus se retrouve dans un état pur. Toute interaction d'un système intriqué avec un autre système, même réduit à un seul atome ou photon, détruit rapidement son intrication.

Un chat contient environ1021 atomes qui interagissent entre eux de sorte que même si on pouvait préparer un chat dans l'état intriqué mort-vivant son temps de désintrication serait si court qu'on ne pourrait pas l'observer. Le fait qu'il soit ou non dans une boîte ne change rien à l'affaire, l'univers de chaque atome du chat est constitué de tous ses autres atomes.

Depuis quelques temps, Serge Haroche a utilisé ses dispositifs expérimentaux pour démontrer la possibilité d'utiliser les états atomiques intriqués pour faire du calcul quantique (le calculateur quantique étant le St Graal actuel de tous les cryptographes).

La cérémonie a été très émouvante et Serge Haroche a montré et fait sentir combien la recherche fondamentale est importante. Madame la ministre a fait un discours performance remarqué. Le décors était à la hauteur de l'évènement.

Pour l'anecdote, quand j'ai été nommé assistant à l'université Paris 6 en 1976, mon premier patron d'enseignement a été Serge Haroche. Pendant six mois j'ai eu le plaisir d'enseigner les ordres de grandeur aux étudiants de première année en physique avec lui.

Réponse à Samuel

Dimanche 13 décembre 2009


Samuel à commenté l'entrée Audit en faisant remarquer que c'est surtout l'usage de l'audit que je critique.

Ce qui est exact. Je crois que l'audit pourrait être un outil pointu d'aide à l'administration s'il n'était pas l'apanage de juristes.

Le Comité National de la Recherche Scientifique est un excellent exemple d'audit performant. Il a évalué en permanence l'activité scientifique de TOUS les labos (1200) et de TOUS les chercheurs (~10 000), il a fait des recommandations jusqu'à la mise de l'AERES la nouvelle structure d'évaluation de la recherche. Ces structures reposent sur l'évaluation par les pairs, ce qui fait toute la différence. Les auditeurs, élus et nommés, sont bénévoles et ne tirent aucun avantage matériel de leur fonction.

Et personne ne s'en plaint, sauf monsieur Sarkonaparte dit « je copie sur mon voisin » qui a prétendu dans un discours du début de l'année que la recherche et les chercheurs n'étaient pas évalués. Le pôvre, son chef de cabinet n'avait ni lu ni entendu le mot audit à propos de la recherche au CNRS.

Qu'avons nous besoin, une fois de plus, d'importer une invention démoniaque des pays du nord ? Ne sommes nous pas le peuple qui a inventé l'administration et qui a su y montrer son génie ? Ne devrions nous pas exporter l'ENA ?

Audit

Mardi 8 décembre 2009

La direction de l'Institut de physique du CNRS rencontrait aujourd'hui la direction des audits internes de notre maison. Je pense que ces audits sont contradictoires avec les valeurs qu'ont promus le Siècle des Lumières et notre Révolution qui ont voulu l'avènement du contrôle a posteriori en considérant les individus comme responsables et de bonne foi. Dans un système à audit, l'individu est a priori suspect de ne pas se conformer aux règles établies qui elles peuvent parfaitement ne pas respecter certaines valeurs morales auxquelles je tiens. Tel est mon biais idéologique.
La rencontre a été à la hauteur de mon opinion sur les audits. Ces audits ont été présentés comme un outil permettant, à travers l'application de règles de filtrage, de faire des recommandations à la direction à partir des résultats d'enquêtes. Parfait, j'adhère. Cependant comme je faisais remarquer qu'une telle démarche ne pouvait que produire des aménagements et ne pouvait pas proposer des changements de fond et comme j'ai exprimé l'espoir que les recommandations auditiques ne deviennent pas l'outil privilégié de direction, je me suis attiré l'habituelle remarque sur le caractère provocant de mes questions. J'ai cru rêver, une question critique sur les audits est une provocation ! L'audit ne peut pas avoir tort !
Et voilà comment 250 ans plus tard, dans un consensus mou général, la réaction l'a emporté sur les idées généreuses et universelles du Siècle des Lumières. Nous entrons imperceptiblement dans un nouveau moyen-âge et je n'ose penser à ce que sera (ou est-elle déjà en place ?) la neo-inquisition économique. Déprimant.

Médailles

Jeudi 26 mars 2009


Aujourd'hui sont remise les médailles CNRS : Guillaume Rogez reçoit la médaille de bronze, pour ses travaux récents de chimie, des mains du représentant de l'institut de chimie du CNRS.
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Puis peu après, Jean-Yves Bigot reçoit lui la médaille d'argent pour son remarquable travail sur le femtomagnétisme.
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La médaille lui est remise par Bertrand Girard directeur de l'institut de physique au CNRS.
C'est la fête à la femto.

CNRS

Mercredi 9 avril 2008

La nouvelle du jour est le retour du CNRS dans le Réseau d'Excellence Magmanet dans lequel l'IPCMS est impliqué. Un simple courriel de deux lignes a donc mis fin à deux ans de conflit entre la direction de la recherche de la Commission et le CNRS. C'est une bonne nouvelle qui laisse pourtant un léger goût amer. Notre Jeanne d'Arc locale le vit, elle, comme une victoire contre le CNRS. Je crains que cela ne fasse qu'appauvrir un peu plus l'image déjà terne de la direction de la recherche.

Aujourd'hui, déjeuner dans les nouveaux locaux de la représentation du CNRS à Bruxelles. Ces réunions sont intéressantes car elles permettent de se maintenir au courant. En ce moment d'agitation sarkosiste, il est difficile de se représenter l'avenir proche et moins encore lointain du CNRS. Le CNRS que j'aurais connu vit probablement ses derniers jours. On s'oriente sans doute vers plus de professionnalisme et moins de créativité, c'est la sortie de la guerre froide qui se poursuit.

Cavalerie légère

Mardi 24 juillet 2007

Dans le numéro du mois d'août de la revue « Pour la Science », un point de vue de Pascal Richet, physicien à l'Institut de Physique du Globe à Paris, qui remet en cause la coordination et la fédération de la recherche qu'il croit facteur de conservatisme, frein à la créativité. En venant à Strasbourg, je partageais cette crainte mais elle était largement compensée par l'installation de l'institut dans un bâtiment neuf qui ne pouvait qu'être facteur de dynamisme. Les gens n'ayant pas de rancunes accumulées au moment du regroupement devaient pouvoir plus facilement collaborer entre eux. Le vieillissement de la structure, sa croissance, inéluctables m'avaient amenés à penser qu'il ne faudrait que dix ans au CNRS pour revenir à des structures plus légères plus réactives. L'ipcms est âgé de 20 ans et ne montre pas de signe de sclérose. La petite équipe à laquelle je croyais n'est pas la panacée car un bon support technique et administratif ne peut être rassemblé que dans une structure de taille critique. Le partage de l'institut en groupes est une structure intéressante car, dans la mesure ou ils conservent une certaine autonomie, ils peuvent être plus réactifs que la structure globale. Soutenir de petites équipes insérées dans les groupes est certainement une bonne direction qui permet, par l'apport d'excellents chercheurs venus du monde extérieur, d'innover et d'initier des thématiques nouvelles. La structure en groupe offre un espace de mobilité interne qui permet de résoudre de nombreux problèmes humains. Pour le futur Il faudra encore veiller à ne pas donner un poids excessif à la recherche sur programme qui est aussi un fort étouffoir à idées nouvelles.

Petit rien

Jeudi 12 avril 2007

Journée calme. Travail avec EndNote sur la bibliographie de l'article d'imagerie 3D. Mon dossier européen ne progresse pas très vite dans les entrailles du CNRS.

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